Les bases historiques du Taekwondo
Le Tae Kwon Do est lié à l’histoire et à la politique de la Corée.
Dans son histoire, la Corée, le pays du matin calme, connut de multiples invasions et dut perfectionner ses propres techniques de guerre. Fondée en 2003 av J.C., elle fut constituée de trois royaumes : SILLA, KOGURYO ET BAEKCHE.
Chaque royaume développa ses propres arts martiaux, de nombreuses découvertes archéologiques l’attestent sans l’ombre d’un doute. Le chemin historique de notre art martial fut long pour devenir le Tae Kwon Do sportif que l’on connaît actuellement.
Dans le royaume de BAEKCHE, non seulement l’armée, mais le peuple tout entier, apprécient l’art du combat. Les rois encouragèrent la nation entière à les pratiquer. Mais ce fut surtout dans le plus petit des trois royaumes, SILLA, que furent florissants les arts martiaux. Ils lui permirent de lutter, autant contre les attaques des royaumes voisins, que contre celles des japonais.
C’est grâce à ces arts martiaux que le royaume de Silla chassa ses ennemis et parvint à unifier la Corée.
Cependant, en 935 av J.C. le royaume de SILLA tomba et la dynastie KORYO (d’où vient le nom « Corée ») fut fondée.
A cette époque, le Tae Kwon Do, méthode de combat à mains nues, fut beaucoup pratiqué, encouragé par les différents rois en place. Bien souvent, d’ailleurs, la bonne maîtrise de cet art fut un moyen d’ascension sociale et politique.
Parallèlement, l’essor des arts martiaux, en Corée, fut lié à l’introduction du Bouddhisme. Arts de combat et Bouddhisme ont toujours été pratiqués de paire. C’est ce qui implique la grande spiritualité des arts martiaux asiatiques.
Les grandes relations commerciales, entre la Chine et la Corée, furent à l’origine de l’introduction des techniques de combat chinoises. Cependant, quoiqu’influentes, ces techniques, d’origines étrangères, ne réussissent pas à remplacer les arts martiaux déjà en place.
A la dynastie KORYO succéda la dynastie YI, durant laquelle l’art de la guerre tomba dans l’oubli, pour des raisons politiques. Le Tae Kwon Do survécut néanmoins.
En 1909, les Japonais occupèrent le sol coréen et interdirent la pratique des arts martiaux et, notamment, du Tae Kwon Do. Certains coréens continuèrent à pratiquer et à s’entraîner dans la clandestinité. A cette époque, les Coréens qui avaient pu se réfugier à l’étranger modifièrent et améliorèrent le Tae Kwon Do, au contact des arts martiaux japonais, le rendant ainsi plus efficace. Ils créèrent d’autres styles comme : le Tang Soo Do, le Kwon Bop, le Kong Soo Do et le Soo Bak.
En 1961, était créé ce qui allait devenir le K.T.A (Koeau T.K.D. Association).
Le I.T.F. (International T.K.D. Fédération) fut fondé en 1966, par le général Choi Hong Hi. Les formes techniques, véritablement unifiées, trouvèrent là leur plus originale expression.
Une nouvelle fédération fut créée en 1973, en même temps que les premiers championnats du monde. Le siège de la W.T.F (World T.K.D Fédération) fut fixé à Séoul et le docteur Un Yiong Kim en fut nommé président.
Un an plutôt, avait été fondé le KUKKIWON (centre mondial du T.K.D).
Cette nouvelle fédération met en place une réunion des techniques et des formes (pomm sé). Ce qui nous amène, petit à petit, vers le Tae Kwon Do sportif que nous connaissons actuellement.
En 1976, Le T.K.D est affilié à la Fédération française de Karaté et Arts Martiaux Affiliés. Mais l’affiliation de la F.F.K.M.A à la W.T.F. ne se fera pas avant 1977.
En Corée, le Tae Kwon Do est obligatoire à l’armée et dans les écoles car déclaré sport national. Il est pratiqué dans plus de 120 pays.
En 1988, il est sport de démonstration aux jeux olympiques de Séoul et le sera de nouveau à Barcelone en 1992.
En 1994, il est déclaré sport olympique pour les jeux de Sydney, en 2000.
Cette reconnaissance nous oblige à créer notre fédération la même année. C’est la naissance de la F.F.T.D.A (Fédération Française de Tae Kwon Do et Disciplines Associées). Comme on peut le voir, de l’art ancien de survie qu’il était à la discipline olympique qu’il est devenu, le Tae Kwon Do a connu un long chemin.
Cependant, le sport moderne et l’art ancestral ne sont pas incompatibles, bien au contraire. Un aspect ne doit pas estomper l’autre, précisément parce qu’ils comportent de nombreuses facettes.
Le Tae Kwon Do peut répondre aux désirs de tous en restant une école de volonté et de discipline librement consenties, permettant une évolution individuelle dans un groupe.

